AESH, Ecole du Bois Saint-Louis : j'interpelle le ministre de l'Education nationale
- Karim Benbrahim
- il y a 2 jours
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Karim Benbrahim, député de Loire-Atlantique, a interrogé le mardi 28 avril 2026 le ministre de l’Education nationale sur la situation de l'école du Bois-Saint-Louis à Orvault et au sujet des AESH dans la métropole Nantaise.
Intervention de Karim Benbrahim :
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Je veux vous interroger sur deux sujets sur lesquels je suis régulièrement sollicité dans les permanences.
À la rentrée 2025, près de 50 000 enfants en situation de handicap ont été laissés sans l'AESH dont ils ont pourtant le droit. En Loire-Atlantique, ce sont plus de 650 enfants, un élève sur huit parmi ceux qui ont reçu le droit à l'accompagnement. Lorsque les élèves bénéficient d'un accompagnement, les temps effectifs sont souvent très insuffisants, sans corrélation avec le handicap de l'enfant.
Dans nos territoires, ces chiffres ont des visages, ceux des enfants qui vivent leur scolarité sans le soutien auquel ils ont le droit, ceux de familles déstabilisées, ceux d'enseignants qui portent seuls ce que l'institution refuse d'assumer. Si ces situations résultent d'un manque de moyens financiers et humains, elles résultent aussi de réelles difficultés à recruter des AESH, particulièrement dans les territoires les plus dynamiques économiquement, comme dans la métropole nantaise.
Le métier est tout simplement trop peu attractif. La très grande majorité des AESH du département subissent des temps partiels contraints. La rémunération est d'environ 860 euros net par mois. C'est le grand écart entre l'ambition affichée d'une école inclusive et la réalité vécue par les enfants, les familles, les AESH et les enseignants. Quelles mesures, monsieur le ministre, entendez-vous donc mettre en œuvre pour renforcer le nombre d'AESH dans la métropole nantaise ? Et quelles dispositions concrètes comptez-vous prendre pour revaloriser ce métier essentiel ?
Le second point sur lequel je souhaite vous interroger concerne aussi la promesse républicaine d'égalité des chances. Je vais vous interroger sur ces écoles qui ne bénéficient pas des moyens du réseau d'éducation prioritaire alors qu'elles en présentent les caractéristiques. En Loire-Atlantique, ce sont plus de 5 900 élèves privés des ressources que leur situation exige. L'école du Bois Saint-Louis à Orvault en est une illustration.
L'engagement des équipes enseignantes et de l'association de parents d'élèves ne peut pas tout. L'école manque des moyens que sa situation justifie. Le climat de tension entraîne une rotation fréquente de l'équipe éducative, alors même que l'école aurait besoin de stabilité.
Plus de 20 enseignants remplaçant l'an dernier dans une seule classe.
Je regrette que, contrairement à votre prédécesseur, vous et votre cabinet n'ayez pas encore accepté de recevoir les parents d'élèves. Je vous ai fait part par écrit de leurs propositions concrètes. L'évolution démographique dans les écoles est une opportunité pour réaffecter des moyens là où cela est nécessaire.
Je vous demande donc, monsieur le ministre, quelles sont vos intentions vis-à-vis de ces écoles qui ne bénéficient pas des dispositifs REP et REP+ et quels sont vos engagements concrets pour permettre aux élèves de l'école du Bois Saint-Louis de retrouver des conditions d'apprentissage propices à leur réussite ? Je vous remercie.
Réponse du ministre de l'Education nationale Edouard Geffray :
Je vais d'abord répondre sur les AESH et sur plus généralement les écoles inclusives. Vous savez que nous faisons face à une croissance très, très forte du nombre d'élèves reconnus en situation de handicap et plus encore d'élèves ayant une notification de MDPH. Actuellement, je perds un à deux pour cent d'élèves chaque année, mais j'ai chaque année entre plus 8 et plus 12% d'élèves qui font l'objet d'une notification d’AESH. Et on est sur deux, on a un effet un peu ciseau. Et nous avons créé un véritable service public d'école inclusive en l'espace d'une quinzaine d'années qui fait qu'aujourd'hui, nous avons quand même 145 000 AESH. Donc ça c'est devenu le deuxième métier national. Je rappelle que ça fait 145 000 AESH pour à peu près 800 000 professeurs.
Si je prends la loi Atlantique, d'ailleurs, c'est 10 310 élèves en situation de handicap qui étaient scolarisés, dont 5 379 qui ont fait l'objet d'une notification MDPH. Oui, effectivement, à la rentrée, il y avait 50 000 élèves qui n'avaient pas l’AESH auquel ils avaient droit. Je me permets là aussi d'insister sur la différence qu'il y a entre la photographie et le film. Nous avons aujourd'hui un problème pour satisfaire la demande. C'est une réalité qu'il ne faut pas minorer avec M. Tachelet de mon arrivée. Nous avons aussi une autre réalité, c'est que quand vous avez des dizaines de milliers de notifications qui tombent quelque part entre le 15 juillet et le 31 août, il est extrêmement difficile au 1er ou au 10 septembre d'avoir un AESH pour chaque élève. On est évidemment en train d'organiser les choses, mais il faut avoir aussi à l'esprit collectivement qu'il y a des poussées, si je puis dire, de notifications. C'est normal, c'est le fonctionnement logique de demande des parents, etc., mais qui font qu'on n'est pas toujours capable de répondre instantanément.
Bref, sur donc les AESH, deux éléments. D'abord, au-delà de ce qui a pu être fait ces dernières années, puisque la rémunération des AESH qui reste satisfaisante pour eux, c'est quand même de 41% au cours des dernières années, au débit des dernières années, J'ai, suite notamment des différents travaux qui ont eu lieu sur la pète de moyens notamment, annoncé que j'ouvrirai une consultation sur les statuts des AESH. La première réunion aura lieu dans les jours qui viennent, la deuxième a lieu fin mai, pour autour notamment de la possibilité de fonctionnariser certains d'entre eux dans un cadre qui sera par conséquent plus protecteur.
Et je vous rappelle également qu'on travaille sur les pôles d'appui à la scolarité, qui précisément permettent d'inverser la logique et de répondre dans le bon ordre, d'abord à la nécessité de l'accessibilité des apprentissages et ensuite à la question de la compensation. Donc tout ça forme un ensemble cohérent, sur lequel j'aimerais être plus long, mais comme je veux répondre à votre deuxième question, je me permets de m'arrêter à ce stade.
Sur votre deuxième question, je l'ai dit au départ, la carte d'éducation prioritaire ne peut pas être refaite au cours des prochains mois, parce que je ne voulais pas engager la future majorité de 2027 sur un sujet aussi fondamental que celui-là. Ce que j'ai demandé, c'est que pour les écoles dont l'IPS est très faible ou qui sont situées dans des situations aussi contraintes que celles que vous mentionnez, il y a un examen particulier qui permette de se pencher et de revoir sur leurs moyens, à la fois humains, professeurs et médico-sociaux.
Je vous remercie.



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