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Question au gouvernement : lutte contre le narcotrafic



Merci Madame la Présidente.


Monsieur le Premier ministre,


Le narcotrafic mène une guerre dans nos quartiers. Notre réponse ne peut pas être partielle, elle doit être intégrale. Six victimes la semaine dernière : à Nice, à Décines, à Nantes, où les tireurs ont tiré à l'aveugle, tuant un enfant de 15 ans et en blessant deux autres. Toutes les victimes sont sans lien connu avec le narcotrafic. Je veux adresser mon soutien à leurs familles, à leurs proches, aux habitants des quartiers touchés, ainsi qu'aux forces de police et de justice mobilisées. Le narcotrafic gangrène nos quartiers. Face à cette menace, les mots et les opérations de communication ne régleront rien. Nous avons besoin d'action, d'actions concrètes et efficaces, et de mener ce combat sur deux fronts. D'un côté, en renforçant durablement les moyens de la police et de la justice, pour démanteler les réseaux et tarir leur financement. De l'autre, en investissant plus fortement dans la prévention, notamment auprès des jeunes les plus impactés.


Le Parlement a voté l'année dernière de nouveaux moyens législatifs. Mais les réseaux sont puissants, internationaux. Pour les démanteler, il faut maintenant plus de moyens financiers et humains : pour agir en amont, en renforçant les services de renseignement, en agissant aussi plus efficacement en local avec une police de proximité. Nous avons aussi besoin d'une présence humaine renforcée dans les quartiers, de moyens pour accompagner les femmes et les hommes qui agissent chaque jour pour empêcher des jeunes de tomber dans les griffes des trafiquants. Mais rien dans vos annonces la semaine dernière pour la prévention.


À Nantes, une demande concrète a été faite, étendre le dispositif LIMITS déjà déployé dans le quartier du Breil, à d'autres quartiers. On ne gagnera pas cette bataille avec la seule force publique, nous la gagnerons aussi avec les associations, avec les services publics, avec les entreprises et avec les familles.


Monsieur le Premier ministre, des propositions concrètes sont sur la table. Êtes-vous prêt à vous engager maintenant sur ces deux fronts ?



Réponse de Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur :


Madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Benbrahim,


Je voudrais d'abord excuser Laurent Nuñez qui est en train de défendre au Sénat la loi Ripost, qui va elle-même permettre d'améliorer encore la sécurité des Françaises et des Français. Vous avez raison, à menace globale, il faut une réponse globale, une réponse intégrale, et c'est ce qu'apporte le gouvernement de Sébastien Lecornu.


Nous avons ces dernières années renforcé de 10 000 effectifs la police et la gendarmerie. Il fallait le souligner, c'est fait. Nous avons depuis ces cinq dernières années fait passer le nombre de points de deal de 4 000 à 2 700. Si le nombre de points de deal dans notre pays avait augmenté de 35%, on en parlerait matin, midi et soir : il a baissé de 35%. Nous avons également apporté des réponses plus locales, et en Loire-Atlantique, il y a effectivement des problèmes, des problèmes importants. Vous avez parlé notamment de ce qui s'est passé le 14 mai, où un enfant de 15 ans a été retrouvé touché au thorax. Il est décédé des suites de ses blessures, et deux autres mineurs ont été retrouvés par les secours, réfugiés dans les étages, au premier et au treizième étage, sans qu'aujourd'hui il soit possible de dire les raisons pour lesquelles ils ont été touchés. Et la compassion du gouvernement va évidemment aux victimes, aux familles et aux habitants, comme aux policiers qui sont intervenus, et aux forces Sentinelle également, qui se sont rendues sur place immédiatement. Le gouvernement a permis d'avoir une brigade de CRS qui restera autant que de besoin. Nous avons également à l'initiative du Premier ministre mis 700 personnes supplémentaires, 700 enquêteurs supplémentaires, dont 300 pour les stups. À la suite de la loi narcotrafic, rien que depuis le début de l'année sur la Loire-Atlantique, 25 interdictions de paraître et 4 fermetures de commerce. Vous le voyez, monsieur le député, la détermination du gouvernement, du ministre de l'Intérieur et du Premier ministre, et la mienne, est totale et nous continuerons autant que possible, autant que de besoin, à mettre toute notre détermination au service de cette noble cause, parce que dans un pays où 1 Français sur 3 consomme, il y a aussi la responsabilité des consommateurs.


Retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=1LJ5W2B745o

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