Audition du Directeur général de Business France
- Karim Benbrahim
- il y a 2 jours
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Merci, Monsieur le président,
Monsieur le Directeur général,
je vous remercie tout d'abord pour votre présence parmi nous cet après-midi. Si Business France a vocation à accompagner les entreprises françaises à l'export et à attirer les investisseurs étrangers sur le sol français, vos missions s'inscrivent aussi dans un contexte plus global marqué par des transformations majeures en cours de l'activité économique. Je pense à la transition écologique ou encore aux enjeux du numérique, avec des défis cruciaux pour notre souveraineté et pour nos emplois, mais aussi des opportunités pour nos entreprises.
Ça a été évoqué tout à l'heure, le Président de la République a voulu faire des sommets Choose France la vitrine des résultats de sa politique à destination des investisseurs étrangers. J'ai regardé avec intérêt les annonces du dernier sommet qui a eu lieu le 1er juin dernier. 71 annonces, plus de 15 000 emplois annoncés, 93 milliards d'euros d'investissements promis, avec des investissements très majoritairement réalisés dans le numérique et l'IA. Ainsi, SoftBank, investisseur japonais, prévoit jusqu'à 75 milliards d'euros dans le développement de centres de données liés à l'IA, ou encore le fonds émirati MGX qui prévoit lui 7,5 milliards d'euros pour une infrastructure d'IA décarbonée.
En la matière, la France a-t-elle des atouts ? Oui, à n'en pas douter, notamment des scientifiques de haut niveau, une électricité largement décarbonée et meilleur marché que chez nos principaux partenaires européens. Mais derrière ces investissements et à rebours des éléments de langage de l'Élysée, ne doit-on pas y voir avant tout le signe d'une faiblesse préoccupante, celui de notre retard dans la maîtrise des technologies numériques ?
Nos données sont déjà aujourd'hui stockées, traitées, transportées par des infrastructures, des algorithmes et des data centers très majoritairement américains et maintenant chinois, dont le contrôle nous échappe largement. Ces nouveaux investissements étrangers ne vont pas corriger cette situation, ils vont l'accentuer, renforçant une perte de souveraineté dans un secteur où nous devons faire émerger des champions français et européens. On peut donc légitimement craindre que ces annonces records, l'édition 2026 de Choose France, c'est plus que les huit éditions précédentes réunies, soient plus le reflet de nos faiblesses, c'est-à-dire notre incapacité à faire émerger ces champions français et européens dans des outils dont dépendent largement nos activités économiques et notre débat démocratique, que le reflet de nos forces.
Mes questions sont donc les suivantes, Monsieur le Directeur général : quelles conditions devons-nous, pouvons-nous imposer à ces investissements ? Choix technologiques européens, protection de nos données, voire transfert de technologies. Et je voudrais savoir si Business France a une politique ciblée en fonction de l'utilité des investissements pour la transition écologique ou notre souveraineté, par exemple. Est-ce que l'État vous fixe des objectifs en ce sens ? Je vous remercie.
Retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=CzTIuJzX5w0



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