Soutenir les étudiants face à la précarité : notre engagement pour le repas à 1 euro
- Karim Benbrahim
- 2 déc. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Le 2 décembre 2024, j’ai rencontré les bénévoles de La SurpreNantes Épicerie, une association qui lutte avec détermination contre la précarité étudiante sur le campus du Tertre à Nantes. Chaque semaine, ces bénévoles distribuent des denrées alimentaires et des produits d’hygiène aux étudiants nantais en difficulté, offrant bien plus qu’un simple soutien matériel : une véritable solidarité humaine.
Cette rencontre résonne particulièrement à un moment où la précarité étudiante atteint des niveaux alarmants. Selon un récent baromètre, 36 % des étudiants sautent régulièrement des repas faute de moyens. Face à cette urgence, nous, les députés socialistes et apparentés, refusons de rester inactifs.
Avec Fatiha Keloua-Hachi, nous portons une proposition de loi ambitieuse pour tous les étudiants.
Le 12 décembre 2024, dans le cadre de notre niche parlementaire, nous défendrons une proposition de loi visant à rétablir et généraliser le repas à 1 euro pour tous les étudiants. Cette mesure, initialement mise en place en 2021 avant d’être restreinte, avait permis à des milliers d’étudiants, boursiers comme non boursiers, de se nourrir correctement. Aujourd’hui, il est indispensable de rétablir cette aide et de l’élargir, y compris aux cafétérias et autres espaces de restauration universitaires.
L’objectif est clair : garantir à tous les étudiants un accès simple, sans obstacles administratifs, à une alimentation saine et abordable. Ce combat s’inscrit dans une vision de société où la réussite des jeunes ne peut être conditionnée par leur situation économique.
Nous savons que cette mesure a un coût – entre 60 et 90 millions d’euros selon les estimations – mais c’est un investissement nécessaire. Garantir aux étudiants de quoi manger est un choix politique et social que nous assumons pleinement. La précarité ne peut être une fatalité, et il est de notre devoir, en tant que représentants de la Nation, de bâtir des solutions concrètes.
Cette proposition de loi est aussi un appel à l’unité des forces progressistes. Nous comptons sur le soutien de nos alliés au sein du Nouveau Front Populaire pour faire passer ce texte. La dernière fois, une absence de mobilisation suffisante avait conduit à son rejet d’une voix. Nous ne pouvons plus nous permettre de manquer ce rendez-vous.
La mobilisation des associations, comme La SurpreNantes Épicerie, est essentielle pour répondre aux besoins immédiats. Mais seules des politiques publiques ambitieuses permettront de mettre fin durablement à la précarité étudiante. Nous poursuivrons donc ce combat avec détermination, dans l’hémicycle comme sur le terrain.
Il est temps d’envoyer un message fort : l’éducation et la dignité des jeunes ne sont pas négociables. Nous continuerons de travailler avec les acteurs locaux et nationaux pour que plus aucun étudiant ne soit contraint de choisir entre manger et réussir ses études.

J’étais également présent le 22 novembre 2024 à la distribution alimentaire destinée aux étudiants de Nantes Université, organisée par l’UNEF Nantes. Avec l’inflation, la précarité explose.
Alors que la période du covid avait mis en lumière ce qui représentait depuis des années le quotidien des étudiants, les files devant les banques alimentaires n’ont cessé de s’accroître depuis. Les universités ont vu de plus en plus d’associations voir le jour avec un même objectif : lutter contre la précarité étudiante. Distributions alimentaires, distributions de protections périodiques ou dispositifs d’hébergement d’urgence sont autant d’actions menées par des associations qui ont été développées pour pallier les carences de l’État.
Ainsi, toujours selon l'enquête de l'IFOP et COP1, 65 % des répondants déclarent avoir eu recours à l’aide alimentaire. Dès lors, l’article L. 822‑1 du code de l’éducation disposant que « le réseau des œuvres universitaires contribue à assurer aux étudiants une qualité d’accueil et de vie propice à la réussite de leurs parcours de formation » ne semble plus respecté. Bien que les restaurants universitaires offrent une solution potentielle à cette précarité alimentaire, seuls 54 % des étudiants les fréquentent régulièrement. Si les obstacles sont divers, l’étude susmentionnée nous indique que pour 13 % des étudiants les tarifs de cette restauration sont jugés trop élevés.
Limité aujourd’hui aux étudiants boursiers et aux précaires, le repas à 1 euro, mesure dite de « justice sociale », exclut dans sa forme actuelle un trop grand nombre d’étudiants. En janvier 2021, alors que le Gouvernement avait ouvert temporairement la mesure pour tous les étudiants, l’afflux d’étudiants aux restaurants universitaires avait montré l’importance de l’élargissement de ce dispositif. Le lendemain de l’annonce du Président de la République, quasiment autant d’étudiants boursiers et non boursiers avaient bénéficié de la mesure. En effet, ils étaient 20 000 étudiants non boursiers pour 28 000 étudiants boursiers. Pourtant, le Gouvernement a décidé de revenir sur cette mesure en la limitant aux boursiers et plus précaires.
Si tant d’étudiants non boursiers ont bénéficié de la mesure, cela témoigne, d’une part, du fait que le système de bourses actuel laisse de côté un trop grand nombre d’étudiants (notamment du fait du rattachement au foyer fiscal des parents). Il est donc indispensable de dé‑corréler le repas à 1 euro du statut de boursiers. D’autre part, cela démontre que, pour les non boursiers, la possibilité d’en bénéficier sur justification de sa précarité est trop restrictive. Alors que la population étudiante est celle qui renonce le plus à ses droits, la généralisation du dispositif de repas à 1 euro s’impose.
Les freins sont nombreux pour bénéficier du repas à 1 euro dans sa configuration actuelle : inégal accès pour les précaires à ce dispositif, éloignement géographique des restaurants, taux de non recours élevé et manque d’accès à l’information.
Pour l’ensemble de ces raisons, nous demandons la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants d’une part, et son déploiement dans l’ensemble des sites de restauration d’autre part (les cafétérias).
Restons mobilisés. Pour nos jeunes, pour l’avenir.



Commentaires