Soutenir l'électrification de notre économie: rappel de la position du groupe socialiste
- Karim Benbrahim
- 29 oct. 2025
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Merci Monsieur le président. Monsieur le rapporteur,
Crise écologique et crise sociale sont étroitement liées. Nous savons que nous ne parviendrons pas à réaliser la transition écologique dont nous avons besoin si nous ne réussissons pas simultanément à réduire les fractures sociales qui traversent notre pays.
Un rapport du Médiateur national de l’énergie nous rappelait hier que 36 % des ménages éprouvent des difficultés pour payer leurs factures énergétiques et que 59 % des ménages modestes, ceux qui bénéficient du chèque-énergie, avaient souffert du froid l’hiver dernier.
Ces quelques chiffres rappellent que la mission que nous examinons aujourd’hui revêt un caractère crucial. Or, le Gouvernement a décidé de transférer certains moyens dévolus à la transition énergétique – en l’occurrence, le financement du bonus écologique et du leasing social – vers les certificats d’économies d’énergie. Ce choix nuit à la traçabilité de ces dispositifs et à leur lisibilité ; il prive les parlementaires de la possibilité d’influer sur l’allocation de ces crédits. Plus grave encore, il transfère le coût de ces dispositifs vers les consommateurs, puisque les fournisseurs d’énergie répercuteront leurs charges sur les factures des ménages. Le groupe Socialistes et apparentés souhaite donc le maintien du caractère budgétaire de ces aides.
Par ailleurs, alors que les prix de l’énergie ont connu une forte augmentation par rapport à 2021, la valeur du chèque-énergie n’a pas été réévaluée depuis 2019. Dans un récent rapport, la Cour des comptes a montré l’utilité de ce chèque et la nécessité de le renforcer pour les ménages les plus précaires, en portant la valeur maximale à 400 euros, contre un peu moins de 300 euros aujourd’hui. Les députés socialistes souhaitent donc un rattrapage de la valeur du chèque-énergie sur l’inflation concernant les produits énergétiques. Nous défendrons un amendement en ce sens. Enfin, nous regrettons vivement le manque d’ambition écologique du Gouvernement, ainsi que la poursuite de la diminution du fonds Vert, qui aura été divisé par près de quatre en deux ans.
Le soutien au développement des énergies renouvelables doit, lui aussi, être renforcé, mais le retard pris dans l’électrification de nos usages est encore plus préoccupant. Qu’il s’agisse des modes de chauffage, des mobilités ou des entreprises industrielles, le retard de la transition vers des sources énergétiques électriques est majeur et engendre plusieurs effets : il freine la décarbonation de nos activités, maintient une forme de dépendance à l’égard des pays exportateurs d’énergies fossiles et pénalise la compétitivité de nos industries. Il nous faut donc insister sur l’importance de soutenir l’électrification de notre économie, ce dont le projet de loi de finances pour 2026 ne semble pas prendre la mesure. Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe Socialistes et apparentés s’opposera aux crédits si la proposition n’est pas corrigée.
Je vous remercie.
Retrouvez l'intégralité de mon intervention: https://www.youtube.com/watch?v=KegXq2O47ks&t=9s



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