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Présence de l'État dans les quartiers populaires : j'interroge la ministre Méadel


Merci, Madame la présidente.


Madame la ministre,


Souvent caricaturés pour des raisons purement électoralistes par certains membres du Gouvernement, les quartiers prioritaires de la politique de la ville sont certes des territoires en difficulté, mais aussi des lieux d’engagement, d’initiative et de solidarité qui recèlent des forces considérables. Je saisis l’occasion de vous le dire, madame la ministre, parce que cette vision stigmatisante fait du mal à leurs habitants.


Alors que ces quartiers cumulent les inégalités sociales, économiques, sanitaires, territoriales, les élus constatent un recul croissant de la présence de l’État. Les services publics se dégradent ou disparaissent : écoles fragilisées, bureaux de poste fermés, accès aux soins de plus en plus difficile. Dans le même temps, les crédits de la politique de la ville reculent : à la baisse en loi de finances initiale se sont ajoutés au printemps les 15 millions annulés et les 30 millions gelés. Quelles conséquences ces coupes ont-elles entraînées pour les territoires concernés, et comment y répondez-vous ?


Face aux difficultés, nos quartiers ont besoin d’une présence humaine, institutionnelle et républicaine, ainsi que d’investissements ciblés. Quelques priorités s’imposent : la sécurité, qui appelle une véritable police de proximité, l’enfance et l’adolescence, parce qu’il est toujours plus efficace d’agir en amont plutôt que de réparer, l’accès à la santé, obéré par de fortes pénuries de professionnels, et enfin le développement économique local et l’emploi, notamment pour les plus jeunes.


Plusieurs alertes remontent régulièrement du terrain : les petites associations, qui jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale et territoriale, peinent à accéder aux financements de l’État ; les crédits pour l’apprentissage du français diminuent, alors que la langue est une clé d’intégration et une condition importante d’accès au travail ; les ateliers de lutte contre la fracture numérique, cruciaux pour garantir l’accès à la formation et aux droits, manquent de soutien, tout comme la lutte contre le narcotrafic, qui mine le quotidien de trop d’habitants.


Sur ce dernier point, nous avons adopté récemment une loi importante à l’initiative du sénateur socialiste Jérôme Durain. Mais nous avons aussi besoin de renforcer la prévention, qui passe par le retour des services publics et l’insertion des jeunes dans le marché du travail. Madame la ministre, investir dans nos quartiers populaires, c’est investir dans la République. Vous avez dit vouloir « faire plus avec moins » : les slogans, c’est bien ; les actes, c’est mieux. Comment atteindre tous ces objectifs si l’on réduit les moyens ?


Retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=h5-AttkC5LA

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