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NON à la PPL visant à lever l'interdiction d'exploitation des hydrocarbures en outre-mer


Monsieur le rapporteur,


Les manifestations du dérèglement climatique s'enchaînent, elles se succèdent à une fréquence croissante et leur intensité se fait de plus en plus forte. En France, les territoires ultramarins sont les plus exposés à ces conséquences de la surexploitation des énergies fossiles. La crise énergétique que nous connaissons actuellement rappelle aussi l'importance de réduire nos consommations de pétrole et de gaz. La loi Hulot de 2017 est l'un des rares virages opérés ces dix dernières années dans la bifurcation que nous devons réaliser.


Pour gagner le combat contre le dérèglement climatique, tous les gisements fossiles ne doivent pas être exploités. Le consensus scientifique établit qu'il faut laisser entre 60 et 90 % des énergies fossiles dans le sol. L'Agence internationale de l'énergie, qui n'est pas une organisation hostile au pétrole, dit très clairement que pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C - objectif désormais quasi inatteignable -, il ne faut plus développer de nouveaux champs pétroliers et gaziers. Il y a déjà trop de gisements exploités. En découvrir davantage ne fera qu'aggraver nos difficultés. La France s'est engagée en 2017 vers une sortie de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures. Revenir sur cet objectif ne renforcerait pas notre souveraineté. Des explorations ont déjà été réalisées en Guyane, ça a été dit, et aucune compagnie pétrolière dans le monde ne voit de rentabilité économique à exploiter un gisement trop profond.


Notre souveraineté énergétique ne pourra être renforcée que par des politiques d'efficacité, de sobriété et de développement des énergies renouvelables. En revanche, revenir sur l'objectif de la loi Hulot enverrait un signal inquiétant, ce serait revenir dix ans en arrière sur la route de la transition énergétique. Les territoires ultramarins connaissent des difficultés économiques et sociales auxquelles le groupe des députés socialistes et apparentés appelle le gouvernement à répondre. Nous avons multiplié les initiatives pour soutenir le développement économique de ces territoires et lutter contre la vie chère.


Nous continuerons à porter une vision ambitieuse et regrettons le manque de soutien apporté par le gouvernement aux territoires ultramarins qui ont besoin d'un plan fort. Je perçois la dimension économique de cette proposition de loi pour votre territoire, Monsieur le rapporteur, mais nous connaissons aussi le fonctionnement des compagnies pétrolières. Les profits sont captés par une minorité et les retombées pour les populations sont bien maigres. Les risques seront, en revanche, eux, partagés avec tous les Guyanais. L'avenir des territoires ultramarins ne peut pas se construire sur un modèle incertain dont nous devons tourner la page. Notre responsabilité est d'y soutenir un modèle durable qui s'appuie sur l'économie verte, le développement des énergies renouvelables et des filières compatibles avec les enjeux de notre planète.


Et donc, pour l'ensemble de ces raisons, le groupe Socialistes et apparentés votera contre cette proposition de loi. Je vous remercie.

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