Matériaux stratégiques, recyclage, recherche, substitution : ma question au ministre Marc Ferracci
- Karim Benbrahim
- 23 juin 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 févr.

Merci, Madame la présidente.
Monsieur le ministre,
Depuis le mois d’avril, la Chine a considérablement restreint, en réaction à la guerre commerciale déclenchée par l’administration Trump, l’exportation de matériaux stratégiques, en particulier les terres rares et les aimants permanents qui en proviennent. Cette décision affecte, par ricochet, les industries française et européenne. Les matériaux stratégiques sont nécessaires au fonctionnement d’industries aussi essentielles que l’automobile, l’électroménager, la défense, l’aérospatiale ou encore l’énergie.
Notre dépendance à la Chine pour les terres rares et les matériaux stratégiques n’est pas nouvelle, mais elle est massive. Pékin assure 70 % de la production mondiale de terres rares et contrôle plus de 90 % de leur transformation. Ce quasi-monopole place nos chaînes de valeur dans une position de fragilité. Depuis juin, les équipementiers automobiles européens, qui ont besoin de ces métaux rares pour produire des véhicules thermiques ou électriques, tirent la sonnette d’alarme. En Europe, plusieurs lignes et usines ont dû arrêter leur production. Les industriels nous disent que ce n’est qu’un début : les stocks s’amenuisent et le ralentissement de la production devrait s’étendre.
L’Union européenne a déjà pris des initiatives pour faire face à notre dépendance. En mars 2024, elle a adopté une réglementation sur les matières premières critiques, afin d’accroître la production, diversifier l’approvisionnement et créer de nouvelles filières de recyclage. En mars dernier, la Commission européenne a lancé quarante-sept projets d’extraction ou de transformation de matériaux stratégiques sur le sol européen : neuf d’entre eux doivent se déployer en France. La production sur le sol européen et la diversification de nos importations sont nécessaires, mais elles ne seront pas suffisantes. Nous devons parallèlement renforcer la circularité, y compris le recyclage, améliorer la durabilité et soutenir la recherche et l’innovation en matière d’utilisation efficace des ressources et de mise au point de substituts.
Dans ce contexte tendu, quelles réponses concrètes et immédiates le Gouvernement entend-il apporter à cette crise d’approvisionnement ? Quels investissements sont consentis à l’échelle française pour soutenir la recherche sur la substitution et le recyclage de matériaux encore non traités actuellement ?
Retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=JQmc96qRxf8



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